E. Echec de la réhabilitation

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Primo Lévi

 11 avril 1987. Primo Levi se suicide en tombant du haut d’un escalier. Celui qui avait guéri les blessures d’Auschwitz par l’écriture s’est suicidé.

Mais peut-on véritablement guérir ses blessures ? Ou reviennent-elles inévitablement vous hanter un jour ou l’autre ? Revient-on un jour des camps nazis ?images.jpghttp://lyon.cervantes.es/FichasCultura/Imagenes/V_scan0.jpg

Jorge Semprun

Jorge Semprun, déporté en septembre 1943 écrit sur la mort de Primo Levi dans L’écriture ou la vie:

« Pourquoi lui était-il soudain devenu impossible d’assumer l’atrocité de ses souvenirs ?»

 « Une ultime fois sans recours ni remède, l’angoisse s’était imposée tout simplement »

A travers son roman, Semprun parle d’un malheur de vivre qu’il doit assumer jour après jour, des cauchemars et la mémoire qui demeure un lourd fardeau.

On peut alors penser que Primo Levi, en dépression à ce moment là, n’a pu poursuivre sa vie, et le suicide lui a pu lui apparaître comme une délivrance.

Jorge Semprun, bien qu’il ne se soit pas suicidé, fait part de ces doutes et hésitations. Ainsi il mentionne le suicide comme un remède :

 « Seul la mort volontaire, délibérée, pourrait me distraire de ma douleur, m’en affranchir. »

La vie après la déportation n’est jamais « normale », il faut « faire le deuil » de toutes les personnes perdues dans les camps et de soi-même, parce que le camp vous fait « vivre la mort ».

«  Je ne parvenais pas à survivre à l’écriture, plutôt. Seul un suicide pourrait signer, mettre fin volontairement à ce travail de deuil inachevé : interminable. »

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