Conclusion générale

Nous revenons donc à notre problématique initiale : "comment vivre et survivre pendant et après un enfermement dans les camps de concentration et d'extermination ?" Face aux conditions de vie en camps, où les déportés subissent entre autres la faim, le froid, les travaux forcés, l'absence d'hygiène ainsi que la violence sous toutes ses formes,  ils doivent s'adapter et survivre par une résistance physique et morale, résistance qui peut aussi prendre la forme de la révolte. Pour ceux qui en sont revenus, les séquelles sont multiples, mais certains trouvent des moyens d'extérioriser la douleur de leurs souvenirs, notamment par l'écriture ou l'art. Cependant, si certains survivent à leur déportation, ils peuvent ne pas survivre psychologiquement à une nouvelle vie, après ces camps.

A travers les différents témoignages écrits, les œuvres cinématographiques, ainsi que nos propres recherches, il nous a été possible d’en savoir plus et d’approcher de plus près la réalité de l’horreur de la Shoah. La Shoah ne constitue pas seulement un génocide, puisque l’Allemagne nazie entreprit dès 1933 un véritable travail de déshumanisation envers les populations jugées inférieures, strictement hiérarchisées dans le livre d’Hitler Mein Kampf. Cependant, en effectuant ce travail de recherches, nous avons pris conscience qu’il est impossible pour nous, de réaliser l’atrocité de ce qui a été vécu dans ces camps ; nous ne pouvons qu’imaginer, et là encore, nous restons loin de la réalité. A ce propos, Semprun écrit : « Il n’y aurait plus de mémoire immédiate de Buchenwald : plus personne ne saurait dire […] ce qu’auront été la faim, le sommeil, l’angoisse, la présence aveuglante du Mal absolu » Travaillant à la fois sur l'aspect littéraire et historique, nous avons pu comprendre à quel point le témoignage demeurait essentiel : moyen de se libérer, tout en préservant les générations suivantes de l'oubli.

Jorge Semprun, L'écriture ou la vie : «  Un jour prochain, personne n’aura plus le souvenir réel de cette odeur : ce ne sera plus qu’une phrase, une référence littéraire, une idée d’odeur. Inodore, donc. »

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