3. Le froid

En période de grands froids en hiver, il arrive que la température descende jusqu’à –25°C, par exemple en Allemagne près de Weimar, à Buchenwald. Les déportés portent des vêtements simples qui ne résistent absolument pas au froid et au temps.

« Il n'y avait qu'un seul moyen de lutter contre le froid, c'était de trouver un sac à ciment vide, et d'y faire trois trous (pour la tête et les bras) et de le mettre sous la veste. Ça protégeait du froid et surtout du vent, très violent en Haute-Silésie. Mais c'était strictement interdit et il ne fallait pas se faire attraper avec un sac de ciment sous la veste.  Mais il y avait aussi beaucoup de déportés qui réussissaient à se procurer des pull-over, en faisant du troc, et ça, ce n'était pas interdit. »

Serge Smulevic

(témoignage recueilli dans le site web de Dominique Natanson)

Comme vu précédemment, les tenues ne sont pas appropriées à la vie dans les camps. L'importance des chaussures se fait sentir : elles sont non seulement indispensables pour l’aisance lors des marches mais aussi pour la résistance face au froid :

« La couche de neige atteignait 1,50 mètre de haut. Les détenus travaillaient douze heures d'affilée dans des vêtements totalement inadéquats. Ils portaient des socques en bois à empeigne de toile, auxquelles la neige adhérait à chaque pas, de sorte que la marche devenait presque impossible. Ces chaussures inappropriées devenaient une torture permanente pour ceux qui les portaient. Le bois se fendait de plus en plus profondément jusqu'à ne plus être retenu que par son empeigne de toile. Lorsque les socques tombaient complètement en pièces, les détenus devaient marcher pieds nus. Il en découlait souvent des abcès et des infections. »

Evelyn Le Chêne, Mauthausen ou la comptabilité de l'horreur, Paris, Belfond, 1974.

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Diverses chaussures à semelle de bois, portées dans les camps, Musée du Struthof
(Photo : David Servenay/RFI)

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En hiver, les déportés portaient en plus ce mince manteau rayé. Ici, celui porté par un déporté témoin de Jéhovah (triangle violet) à Buchenwald.

"Quand je suis arrivé dans ce camp [Buna-Monowitz], avec les 338 autres sélectionnés, il a fallu se déshabillera, se mettre nu tout de suite. Il faisait très froid, sûrement -15 degrés et nous sommes restés très longtemps nus, dehors, sur la place. J'ai vu les premiers morts, morts de froid sans doute, tomber par terre. Je ne comprenais pas." Sam Braun, On ne m'aurait pas cru, alors je me suis tu.

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