2. L'emploi du temps

4 h. 30 à 5 h. 30

réveil et distribution de "café"

5 h. 30 à 6 h. 30

rassemblement et appel

6 h. 

départ des kommandos

6 h. 30

début du travail

12 h. à 12 h. 30

pause pour le déjeuner des gardiens

19 h.

arrêt du travail

19 h. à 19 h. 30

retour au camp et distribution de la soupe

20 h. à 21 h.

appel

21 h. 30

extinction des feux

d'après Paul Bonte, ancien déporté de ce kommando
cité par Marcel Ruby, Le livre de la déportation, La vie et la mort dans les 18 camps de concentration et d'extermination, Robert Laffont, 1995

 

 

 

 

 

 

- le Réveil

Tous les matins, ils étaient réveillés à 4 heures. Dès leur réveil, ils devaient impérativement faire leur lit au carré, puis ils allaient faire rapidement leur toilette. Selon le camp, ils se lavaient dans un tonneau d’eau glaciale, mais il n’y avait que quelques robinets et éviers pour des centaines de prisonniers. Ils devaient se dépêcher car les kapos (les gardiens du camp) n’hésitaient pas à donner des coups aux prisonniers qui avaient le malheur de prendre leur temps.

- Le petit déjeuner

Les kapos donnaient 300gr de pain et une tasse de café à chaque prisonnier. Quelquefois il y avait un peu de margarine ou une tranche de saucisson. Le pain était noir et le café n’était qu’une infâme lavasse tiède. Ce pain était tout ce qu’ils auraient avant le lendemain. Les kapos ne se gênaient pas pour distribuer des coups au prisonnier. S’ils renversaient leurs gamelles ils ne recevraient plus rien jusqu’à nouvel ordre et pouvaient être sévèrement punis.

- L’appel du matin

Les prisonniers s’alignaient par rangée de 10 sur la place de l’appel. Tous les prisonniers doivent être présents à l’appel, y compris les morts de la nuit, qui étaient rangés devant les autres prisonniers. Sous la surveillance des kapos, les médecins comptaient les prisonniers. Pendant tout l’appel les prisonniers devaient rester immobiles, peu importe le temps. L’appel pouvaient durer des heures dans un froid glacial et certains prisonniers mouraient durant un appel qui se prolongeait.

"Nous partions du camps sitôt l'appel fini, très tôt parce qu'on se levait à 4h ou 5h du matin, selon les saisons. Nous engloutissions notre "petit déjeuner" composé d'un liquide noirâtre à peine chaud. Puis il fallait apporter les morts de la nuit pour qu'ils soient décomptés. Après le travail dans l'usine de la Buna, nous repartions vers les camps et subissions l'ultime appel debout dans le froid." Sam Braun, On ne m'aurait pas cru alors je me suis tu.

- Le départ pour le travail

Les équipes de travail étaient formées sous les hurlements constants des kapos. Les prisonniers rejoignaient les chantiers à pieds même s’ils étaient situés à plusieurs kilomètres. Ils quittaient le camp sous la surveillance des kapos qui les suivaient.

- Le chantier

S’ils avaient un peu de chance, ils avaient des outils de qualité : une pelle, une pioche. Sinon, ils devaient travailler juste avec leurs mains. Le travail était très dur et souvent très stupide : déplacer des sacs de ciment ou des poutres d’un endroit à un autre, ou encore extraire des blocs de pierre et les porter sur son dos, creuser des tranchées, des tunnels. Par chance, ils pouvaient travailler dans une usine, mais leur qualité de vie n’était pas différente. Les prisonniers, malgré leur fatigue, devaient travailler à un rythme effréné, sous les coups et les hurlements des kapos.

- Pause du midi

Un coup de sifflet annoncait la pause de midi. Le manque de nourriture affaiblissait énormément les prisonniers ; ils étaient exténués. Une malheureuse soupe leur étaient servie, en fait ce n’était que de l’eau chaude avec quelques légumes flottants. Ils avalaient leur soupe très rapidement, certains gardaient leur pain du matin et le mangeaient avec leur soupe.

- Retour vers le camp

Les prisonniers se rassemblaient pour rentrer au camp, les survivants portaient les morts et les blessés sur leurs dos. Arrivés au camp les médecins contrôlaient le nombre de prisonniers.

- L’appel du soir

Tout se passait exactement comme le matin. Les prisonniers se rangeaient par rangées de dix et les médecins les comptaient sous la surveillance des kapos. L’appel du soir était le moment pour les kapos de punir les prisonniers qui s’étaient mal comportés durant la journée.

- Le repas du soir

Une fois l’appel terminé, les prisonniers se précipitaient à la distribution de « soupe ». Tout comme le midi, c’était très peu ; parfois on leur donnait un peu de pain qui restait. Les prisonniers regagnaient enfin leur dortoir. Dès que le couvre feu retentissait, ils ne pouvaient sous aucun prétexte quitter leurs dortoirs. Enfin, les déportés se couchaient ; mais la nuit était agitée et désagréable...

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×