1. Moraux

Les déportés ayant survécu aux camps de concentration n'en ressortent pourtant pas indemnes. A une époque où la psychologie n'est pas encore développée, ils doivent faire face à de nombreux traumatismes.

Prenons l'exemple de Jeorge Semprun, déporté en 1943 au camp de Buchenwald. Ce dernier, au sortir du camp, ne se considère pas vivant. C'est un revenant, car il est revenu de la Mort, ou plutôt de l'expérience de la Mort. A travers L'écriture ou la vie, il exprime ce sentiment d'être déjà mort, sa vie s'étant arrêtée à Buchenwald. Ainsi, il écrit : "[...] la sensation soudaine, très forte, ne ne pas avoir échappé à la mort, mais de l'avoir traversée. D'avoir été, plutôt, traversé par elle. De l'avoir vécue, en quelque sorte." L'écrivain ressent le besoin de faire le deuil, mentionnant le suicide comme remède potentiel à ce "malheur de vivre". Le souvenir des camps de concentration demeure le pire traumatisme pour Semprun. C'est cette mémoire de la mort, l'horreur de ces souvenirs qui l'empêchent de vivre.

Voici un poème de Charotte Delbo : Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants.

"Je vous en supplie faites quelque chose,

Apprenez un pas,

Une danse,

Quelque chose qui vous justifie,

Qui vous donne le droit d'être habillé de votre peau, de votre poil.

Apprenez à marcher et à rire,

Parce que ce serait trop bête à la fin

Que tant soient morts

Et que vous viviez

Sans rien faire de votre vie"

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