1. L'écriture

Après les camps, la majorité de ceux qui en reviennent ne sont pas crus, pas compris. Certains ressentent le besoin de raconter ce qu'ils ont vécu et se lancent dans l'écriture pour faire le récit de ce qu'ils ont enduré pendant leur enfermement. Ils rédigent également ces écrits dans le but de condamner, de témoigner. Comme le dit Primo Levi dans l'introduction à son livre Si c'est un homme : « N’oubliez pas que cela fut, Non, ne l’oubliez pas », ou Milo Adoner que nous avons rencontré : «Je ne cherche pas de pitié, je veux seulement dénoncer ce qu'il s'est passé et que cela ne soit jamais oublié».

Ceux qui ont écrit sont essentiellement des rescapés juifs et des résistants communistes parce qu’ils constituent le plus grand nombre de victimes.

Au-delà d'une thérapie personnelle, les auteurs souhaitent surtout faire connaître leurs expériences, mais ils éprouvent de nombreuses difficultés, notamment à être publiés ; Maurice Delfieu, auteur de Récit d’un revenant raconte ces difficultés: “La plupart [des éditeurs] se sont écriés: “Assez de cadavres ! Assez de suppliciés ! Assez de récits sur la résistance ! On a besoin de rire maintenant !”.”

Ces récits, aujourd'hui reconnus tant pour leur témoignage sur les camps que par leur portée littéraire, sont racontés de différentes manières : généralement de manière assez descriptive et crue, racontant l'organisation très précise des nazis, les horreurs des camps et tous les aléas comme avec un certain recul. Parfois aussi mais moins souvent en racontant les émotions ressenties face à ces situations.

Le vécu de ces évènements est difficile à raconter, comme nous le dit Varlam Chalamov : « Mais comment raconter ce qui ne peut être raconté ? Impossible de trouver les mots. Mourir aurait été plus simple. ». Certains écrivent à leur retour de camp comme David Rousset (L’univers concentrationnaire et Les Jours de notre mort) ou Primo Levi (Si c’est un homme), d’autres attendent quelques années pour mûrir leur témoignage et que ne soient transmis que les évènements essentiels qui restent en mémoire longtemps après la fin de la sortie des camps, comme Geneviève Antonioz de Gaulle (La traversée de la nuit).

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